Olafur Eliasson: exposition
à la Tate Modern de Londres

Les deux lampes du projet Little Sun sur YOOX

Olafur Eliasson est l’un des plus grands artistes de notre temps, mais c’est aussi l’un des plus complexes et sans complaisance aucune à l’égard des thématiques du monde contemporain. Adoptant une attitude quasi-romantique, qui conjugue le réel et le fantastique, il aborde la nature comme élément à décomposer et remonter à sa guise, pénétrant les phénomènes physiques pour les analyser, les déstructurer et les reconstruire au travers d’un prisme poétique.

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Le pragmatisme rationnel, qui comprend l’évolution de la géométrie et la théorie de la couleur mais aussi la sociologie et l’écologie, ainsi que la vision irréelle, qui agit sur les phénomènes naturels en les traitant comme matériel créatif, permettent à cet extraordinaire artiste de jouer avec tous nos sens. Notre perception est titillée pour arriver au cœur de l’émotion, pour nous amener à la conscience de nous-mêmes et du monde, tout en provoquant un abandon qui transforme l'œuvre en expérience immersive, existentielle et politique à la fois, au sens le plus élevé du terme.

Après des décennies d’ultra-spécialisation et de divisions sectorielles n’ayant mené qu’à l’appauvrissement de la pourtant nécessaire complexité de la culture, son approche pluridisciplinaire rappelant la Renaissance apparaît désormais comme une bouffée d’air frais qui nous aide à libérer notre esprit du renfermement et des monstres engendrés, comme le disait Goya, par le sommeil de la raison.

C’est dans ce contexte qu’Olafur Eliasson fait aujourd’hui son retour à la Tate Modern de Londres, avec l'exposition « In real life », où il recrée arcs-en-ciel et cascades, mêlant reflets et ombres, mais aussi en établissant des liens entre les personnes. Il élargit le discours à toutes les implications possibles :

des liaisons en direct avec son équipe en passant par les recettes spéciales de nourriture bio, végétarienne et locale servies dans son studio à Berlin et proposées au Terrace Bar de la Tate, jusqu’aux réflexions sur le dérèglement climatique, l’énergie, les migrations et l'architecture, parties intégrantes de sa recherche artistique complexe et d’une extrême actualité.